Installation d’un poêle à bois, le guide complet

20 décembre 2019 Installation d'un poêle à bois

Le bois est une source d’énergie très prisée pour alimenter le chauffage d’une résidence. Il est abondant sur le marché et peu coûteux. À cela s’ajoute la possibilité d’entreposage assurant une autonomie considérable en termes d’énergie, et souvent pour de longues périodes. On note, par ailleurs, de réels perfectionnements dans les fonctionnements du chauffage au bois, rendant ce dernier plus efficace que jamais. Mais pour profiter pleinement de tous les avantages du chauffage à bois, une installation sans faille est de mise.

Pourquoi faire installer un poêle à bois ?

Bien qu’il s’agisse d’un des dispositifs les plus anciens pour chauffer une pièce, le poêle à bois autonome reste une solution intéressante. Il existe des modèles destinés uniquement au chauffage d’appoint, mais aussi des poêles répondant aux besoins de chauffage quotidiens. À granulés ou à bûches, le poêle à bois permet de profiter de températures douces et homogènes dans  toutes les pièces. Outre cela, il faut préciser qu’un poêle à bois est particulièrement adapté dans une maison BBC. Toutefois, il est important d’opter pour le bon modèle. Entre autres, il est judicieux d’opter pour un poêle présentant un rendement supérieur à 80%. Tâchez également de cibler le modèle qui ne rejette que très peu d’émissions de poussières.

Par ailleurs, lors du choix, il est essentiel d’être attentif aux étiquettes. Notamment, les dispositifs commercialisés dans la zone européenne doivent disposer d’une étiquette CE. Celle-ci indique que le poêle a été conçu dans les règles de l’art et dans le respect du cahier des charges en vigueur. Concrètement, un poêle à bois CE prend en compte les normes de sécurité, la puissance en kW, le rendement et le taux d’émission de gaz carbonique.

Enfin, veillez à la vérification de l’étiquette AFRNOR. Cette association gère la norme NF permettant de garantir les critères imposés par la marque CE. Plus précisément, elle tient compte du rendement énergétique de l’appareil et de la concentration en monoxyde de carbone. À titre d’information, les normes, et notamment les performances environnementales, sont révisées régulièrement pour inciter les fabricants à optimiser leurs produits.

Planifier la mise en place pour un fonctionnement optimal

Le poêle à bois est un appareil de chauffage indépendant. Il sert à chauffer directement une seule pièce, contrairement un chauffage central qui distribue la chaleur via un réseau de conduits. Sur le marché, il existe un large choix de modèles et de dimensions. Votre choix doit être cohérent avec vos besoins. Entre autres, un petit modèle ne chauffe qu’une pièce alors qu’un modèle plus large parvient à chauffer les pièces d’une résidence relativement grande. Ces grands modèles sont efficaces dans les logements à aires ouverts où la chaleur circule aisément d’une pièce à l’autre.

Mais pour profiter pleinement de son chauffage et limiter l’entretien, l’installation poele à bois doit s’effectuer dans les règles de l’art. Sa mise en place nécessite une planification et un respect de certaines recommandations. D’abord, pensez à l’installer l’appareil de chauffage autonome le plus utilisé est sûrement le poêle à bois. Il a la particularité d’être le plus flexible. On peut l’installer partout du moment où il y a un espace suffisant. Toutefois, l’idéal est de placer l’appareil au centre d’une pièce principale de la maison ou dans la pièce où la famille passe le plus de temps ensemble. Le conduit de fumée sera raccordé verticalement au poêle, depuis la buse jusqu’à la cheminée. Ainsi, votre chauffage offre une meilleure performance et ne demande que peu d’entretien. Sachez qu’il est tout à fait possible d’envisager un distributeur de chaleur. 

Roder l’appareil avant de l’installer

Avant l’installation poele à bois dans une pièce, il est judicieux de le faire fonctionner durant quelques heures à l’extérieur. Il faut l’alimenter à mi- régime avec une bûche et de petits bois. Le but est de faire de petites fournées pour roder le poêle. La température maximale doit être à 150°C. Cela est également suffisant pour cuire la peinture afin que celle-ci fixe durablement. En outre, il faut savoir que les solvants de la peinture ont une odeur et des fumées désagréables. C’est aussi pour cette raison que cette opération doit se faire en extérieur de la maison.

Par ailleurs, un ou plusieurs volets d’air permettent la régulation de la température. Ils se trouvent, généralement, sur l’avant du poêle (en fonction du modèle). Avant de démarrer le feu, il est important d’ouvrir le volet. Celui-ci doit être fermé après la formation des premières braises (environ 15 min). Attention, s’il y a de grosses flammes, cela indique un risque de surchauffe, ce qui n’est pas souvent pris en compte dans la garantie.

Les points à considérer dans l’installation d’un système de chauffage à bois

Une fois le rodage effectué, l’installation poele à bois proprement dite peut s’effectuer. L’installation type d’un chauffage à bois se repose sur quelques composants, dont la plaque d’assise qui protège le revêtement de sol de la braise pouvant tomber du poêle. Il y a aussi le tuyau servant à relier la buse à la cheminée ainsi que l’appareil proprement dit. Autrement dit, vous devez tenir compte de chacun des composants de l’appareil lors de sa mise en place. Cela est essentiel pour disposer d’un chauffage performant.

Pour éviter de se brûler, évitez d’installer l’appareil sur les zones de passage. Hormis cela, la vérification de la portance du sol est importante. Si ce dernier n’est pas assez solide, la mise en place d’un dispositif de répartition de poids est nécessaire. En outre, des matériaux inflammables peuvent constituer le sol. Dans ce cas, il est prudent d’envisager un support ininflammable et isolant. Et pour que le poêle à bois puisse fournir un fonctionnement optimal, une arrivée d’air de 100 cm² située à l’extérieur est nécessaire. Elle se placera à proximité de l’appareil.

Assurer l’installation de tous les conduits

La vérification du conduit de cheminée ne doit pas être négligée avant tout raccordement. Cette partie du système doit être conforme avec le DTU 24.1. Si elle ne suit pas cette norme, le propriétaire procédera, soit au chemisage du conduit ou au tubage, soit à l’installation d’un nouveau conduit. Sachez que le respect des normes imposées permet d’éviter le risque d’incendie, mais aussi le refroidissement rapide des fumées de combustion.

En outre, il est interdit d’installer un conduit de cheminée d’un autre appareil et ce, peu importe la marque de poêle à bois. Celui-ci doit disposer d’un conduit autonome. En ce qui concerne ses dimensions, le conduit idéal est supérieur ou égal à 15 mm de diamètre pour un pareil de 15 kW. Pour les modèles d’une puissance supérieure à 18 kW, le conduit doit avoir au minimum 180 mm de diamètre. Sinon, une puissance de 20 kW nécessite un conduit d’évacuation de 200 mm de diamètre au minimum. Par ailleurs, il est important que le conduit soit entièrement étanche. Aussi, un dispositif anti-retour des fumées renforce davantage la sécurité, notamment dans les régions ventées.

Le conduit de cheminée doit disposer d’au moins un tirage correspondant au modèle de l’appareil. Sachez qu’un défaut de tirage impactera sur le fonctionnement du chauffage. Entre autres, cela peut entraîner une utilisation excessive de bois (jusqu’à 3 fois plus importante). En effet, plus de 2 tirages pousseront le feu à brûler rapidement, alors que le poêle ne chauffera pas correctement.

Comme le conduit de cheminée, celui de raccordement ou fumisterie doit faire l’objet d’une vérification par rapport au DTU 24.1. Sa distance de sécurité avec tout matériau inflammable doit être 3 fois son diamètre. Pour le raccordement dans la buse, ceci doit se faire de telle sorte que tout déboitement soit improbable. D’ailleurs, la plupart des modèles sont munis de vis ou boulons servant à fixer les tuyaux à la buse de l’appareil.

Considérer l’environnement d’utilisation du poêle à bois

Il convient de rappeler que l’utilisation d’un poêle à bois fait l’objet de différentes règles de sécurité. Pour ce qui est de la distance de sécurité des objets et matériaux inflammables ou ne supportant pas la chaleur, elle est d’au moins 60 cm de l’appareil. En outre, l’utilisation de ce type de chauffage doit avoir lieu dans un lieu ne présentant aucun risque d’explosif. Entre autres, il est impératif de ne pas placer son poêle à bois à proximité d’un produit pouvant dégager de gaz inflammable.

Un poêle à bois peut causer certains problèmes aux systèmes de VMC fonctionnant par dépression. Ceux-ci peuvent se produire pendant l’allumage. Pour résoudre ce problème, il faut une arrivée d’air présentant un dimensionnement correcte. Il est également astucieux d’arrêter la VMC durant le démarrage du feu. 

Vérifier le bon fonctionnement de l’ensemble de l’installation

Vous avez fini l’installation poele à bois ? Il est temps de le tester. Pour ce faire, vous allez utiliser une cartouche fumigène pour contrôler l’ensemble de l’installation. Vous saurez ainsi si le poêle fonctionne bien et que le conduit de cheminée est bien étanche. Vous vérifierez également le conduit de raccordement ou fumisterie.

Apprendre à bien utiliser son poêle à bois

La peinture spéciale sera cuite pendant les premières heures de mise en service si vous n’avez pas procédé à cette opération à l’extérieur, avant d’installer le système. Il est donc recommandé d’assurer une ventilation dans la pièce. Pendant cette phase, les femmes enceintes ne doivent pas rester à proximité de l’appareil. Par ailleurs, l’apparition d’un lit de cendres sur les tubes du bas du foyer indiquera du poêle rempli toutes ses fonctionnalités.

Pour l’allumage, il faut utiliser du papier journal et de petits morceaux de bois pour faire un feu léger. Ensuite, on augmente petit à petit la qualité de bois et leur taille. Cette opération permet aux combustibles de se dilater lentement et assure ainsi la longévité de l’appareil. N’oubliez pas, le poêle doit rester fermé durant le chauffage, sauf pendant le nettoyage ou le chargement du bois.

Tout type de bois non traité peut alimenter un poêle à bois. Chêne, charme, hêtre, pin, sapin… il y a tant de possibilités. L’important est d’utiliser du bois sec ayant passé au moins 2 ans de séchage et disposant d’un faible taux d’humidité. Il est conseillé de n’opter que pour les buches stockées sous abri dès la coupe. Il faut savoir que des buches de 10 kg fraîchement coupées contiennent 5 litres d’eau. Enfin, il convient de ne pas utiliser l’appareil comme un incinérateur. Vous ne devrez y mettre que du bois non traité.

Les clés de tirage doivent être bien ouvertes pendant un rechargement. Cela évitera aux fumées résiduelles de s’évacuer dans le conduit de cheminée. Avant même de charger, il est pratique d’ouvrir légèrement la porte durant 15 secondes pour laisser passer ces fumées. Ensuite, procédez au chargement qui doit être à la moitié de la capacité totale du poêle. Une fois le chargement terminé, il faut refermer complètement la porte.  

Régler et entretenir l’appareil pour optimiser sa longévité

Deux clés de tirage équipent un poêle à bois. Elles se placent respectivement en avant et arrière. La clé avant sert à contrôle la chauffe. Plus elle est ouverte, plus la combustion sera rapide et vice-versa. Autrement dit, la clé de tirage avant permet de faire baisser et augmenter la température de fonctionnement. Toutefois, sa fermeture complète n’est pas conseillée. Cela provoquera le charbonnage de l’appareil, et donc l’encrassement du conduit de cheminée. Quant à la clé de tirage arrière, celle-ci sert à diminuer le tirage si le conduit présente un excès de tirage.

Pour qu’un poêle à bois puisse délivrer un rendement optimal, il faut garder un lit de cendres en permanence. Cela contribue également à la protection de la partie inférieure de la chambre de combustion contre les températures trop élevées. Toutefois, il est nécessaire de réaliser un décendrage dès que les cendres sont au niveau de la porte. Pour ce faire, il faut attendre que le poêle se refroidisse. Ensuite, l’opération de décendrage s’effectue avec un seau en acier et une pelle. Une fois les cendres éliminées, il faut nettoyer l’intérieur du poêle avec une brosse métallique.

Tous les 2 ans, il faut changer le joint de porte et celui de la vitre du poêle. Pour les versions cuisson, le joint de plaque de cuisson doit être remplacé tous les ans. Voilà tous nos conseils pour entretenir votre poêle à bois !